Politique intérieure

Structure

Indépendante depuis 1962, Trinité-et-Tobago est devenue en 1976 une république membre du Commonwealth. Inspiré du système britannique, le régime politique est de type parlementaire. Le pouvoir législatif est exercé par une Chambre des représentants (36 membres), élue au suffrage universel tous les cinq ans (scrutin majoritaire à un tour) et un Sénat (31 membres, désignés par le Président de la République, le Premier ministre et le leader de l’opposition). Le Président de la République est élu par un collège électoral composé des membres des deux chambres.

Paysage politique

Deux partis dominent pour l’heure la scène politique : le People’s Partnership (PP, dirigé par Kamla Persad Bissessar), actuellement au pouvoir et dont l’électorat est majoritairement d’origine indotrinidadéene, et le People’s National Movement (PNM, mené par Keith Rowley depuis mai 2010), qui compte essentiellement un électorat afrotrinidadéen. Ce paysage fort ethnocentré est néanmoins en train d’évoluer avec l’apparition de nouveaux partis dont l’attrait est autre qu’ethnique.

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Biographie du Premier Ministre - Kamla Persad-Bissessar
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Evolution

Aux élections de novembre 1995, le ressentiment engendré par les mesures économiques prises par les gouvernements précédents avait permis la victoire de l’UNC et l’accession de M. Basdeo Panday, représentant de la communauté indienne, au poste de Premier ministre. Cette victoire mettait fin à la prépondérance politique de la société afro-créole depuis l’indépendance.

En dépit du partage insuffisant des fruits de la croissance économique et des accusations de corruption, les élections de décembre 2000 ont vu une nouvelle victoire de l’UNC (19 sièges sur 36). Cependant, en octobre 2001, un conflit interne à l’UNC a précipité la perte de sa majorité au Parlement.
Lors des élections anticipées du 10 décembre 2001, l’UNC et le PNM ont obtenu un nombre égal de sièges (18/18). La désignation par le Président de la République d’un Premier ministre issu du PNM privé de majorité n’a pas permis de résoudre la crise politique et institutionnelle.

Celle-ci a trouvé son épilogue avec la victoire, lors des élections du 7 octobre 2002, de M. Manning comme Premier ministre, réelu pour un deuxième mandat en 2007 (son mandat devait durer jusqu’en 2012, cependant les élections générales anticipées du 24 mai 2010 ont permis l’ascension de Kamla Persad-Bissessar au poste de chef d’état de Trinité & Tobago.

Défis du gouvernement actuel

Le gouvernement actuel doit relever un certain nombre de défis :

- la gestion de l’après-boom énergétique : conscient du risque d’être confronté au « syndrome hollandais » et désireux d’accéder au rang de pays développé en diversifiant son économie ;

- l’amélioration du système de santé : l’accès aux soins est actuellement réservé à une partie de la population "favorisée" par le biais d’un système d’assurances santé et par les institutions privées ;

- Combler les écarts socio-économiques : entre les riches et les pauvres et entre les zones urbaines et rurales. D’après les chiffres de 2009, 64% de la population a accès à l’eau courante au moins 3 à 4 jours par semaines, près de 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. D’autre part, l’activité économique, l’infrastructure et les nouvelles technologies se polarisent autour des deux villes principales - Port d’Espagne et San Fernando, créant une société à deux vitesses ;

- Enfin, freiner la criminalité : pour un pays en plein boom économique, la criminalité est en progression constante. Le nombre de meurtres est passé de 50 par an (1999) à 508 pour l’année 2009. L’activité criminelle est essentiellement liée au trafic de drogue et d’armes à feu.

Dernière modification : 25/08/2010

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